Nos aînés ont choisi pour nous la société de marché bien qu'ils nous repprochent d'être individualistes et consuméristes. Après que leurs parents aient construit la solidarité intergénérationnelle, les notres sont en train de tout casser. Le pire est qu'ils prétendent le faire au nom de la sauvegarde du pseudo modèle social français. D'ailleurs, il s'en trouve à gauche comme à droite pour revendiquer une certaine culture libérale, alors que nous avons au contraire besoin de davatange de protections. Si on regarde les rapports sur l'évolution de la fiscalité (e particulier le plus récent du Conseil d'Analyse Economqiue) , on notera que ce sont les trentenaires qui, proportionnellement à leur revenus, acquittent le plus d'impôt, et que la précarité s'est nettement déplacée des personnes agées vers les jeunes. La fracture générationnelle a donc une forte composante socio économique.

Mais elle a une dimension démocratique également. Il suffit pour cela d'observer la représentation nationale, médiatique et syndicale. Pour la plupart sur le départ, nos aînés pensent d'abord à une retraite douillette, qui pourrait leur repprocher ?- sabrant au passage nos chances d'avenir. Nous devrons payer la dette -celle-ci n'est pas que financière, elle est sociale- des reculs concédés au nom du libéralisme sur nos droits sociaux, les services publics et les aussi des libertés. Tout cela pour une première raison, ceux qui nous dirigent ne sont pas capables de savoir ce dont nous avons besoin, ni quelles sont nos aspirations. Lorsque Chirac répond à des jeunes venus débattre du traité constitutionnel européen sur un plateau devant des millions de téléspectateurs "je ne vous comprends pas", on baigne dans le sang de la fracture générationnelle..Evidement quand on a comme référence l'Europe à papa. On peut donc dire qu'il y avait dans le vote du 29 mai un profond décalage entre les générations manifesté par le choix massif des jeunes de voter "non". Ce "non" était pourtant un non européen simplement éclairé par la compréhension de l'Europe réelle dans laquelle nous vivons, celle du marché d'abord éloigné de l'idéal de nos ancêtres.



Or, il y a urgence à promouvoir l'arrivée de trentenaires aux responsabilités à défaut de quoi, nous serons condamnés à répeter les erreurs des autres, agir avec vingt ans de retard sur les besoins de la société, comme dans les banlieues, et surtout agir à côté de ses besoins réels..

C'est pourquoi, le combat de la rénovation place au coeur de son sujet la nécessaire mixité entre les générations dans l'exercice des responsabilités.

Il y a urgence. La génération 69*, celle qui a 30 ans aujourd'hui doit construire les fondations du 3° millénaire et non de revenir au 19° siècle.

* titre de l'ouvrage de Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier. ed Michalon