C'était le 21 juin 1961. Mendès tenait c e jour-là une conférence à l'Hotel de ville de Versailles à l'invitation de Pierre Béregovoy devant la section locale du PSU. Le contexte est tendu puisque marqué par les attentats de l'OAS et la tentative avortée de putsch militaire avorté à Alger deux mois plus tôt. Portant Mendès pense aux paysans et à la crise sociale bretonne, autre face selon lui de la violence ordinaire du régime. Voici un extrait de ses paroles: "Lorsque des citoyens veulent formuler une revendication, exprimer un mécontentement, ils sont amenés à recourir aux moyens de la violence. S'il y avait des canaux réguliers, normaux, organiques pour que le mécontentement agricole soit connu du pouvoir et que le pouvoir en tienne compte, s'il y avait un Parlement, des interpellations, la discussion des lois proposées par les députés pour remédier à tel ou tel incovéneint, les problèmes auraient pu être abordés. Le système actuel ne le permet pas".On le voit, Mendès n'hésite pas à renverser la charge de la preuve: ce n'est pas tant "la violence des tracteurs" qui importe, c'est le mal caché au coeur des institutions. Depuis, cette situation a empiré. La bataille pour la VI° République c'est aussi celle contre le CPE pour l'avènement d'une démocratie respectueuse des citoyens.