Les masques tombent.

La médecine et l'accès aux soins à plusieurs vitesses se développent en France.

AGF proposerait prochainement un contrat "platinium" pour les -très/très- riches. Pour une "modeste" contribution de 12 000 euros annuels (vous avez bien lu), les bénéficiaires disposeraient d'un accès facilité à un bouquet de services et notamment la possibilité de s'adresser très rapidement à des médecins réputés. Cette offre est révélatrice d'un système d'assurance maladie de moins en moins solidaire... et fort peu organisé.

Moins solidaire: renforcé par la politique de la droite d'augmentation du "reste à charge" des assurés (hausse du forfait hospitalier, contribution de un euro...), notre système demeure insuffisamment protecteur pour nombre de prestations (cf. remboursement des frais optiques et dentaires). Qui n'a pas accès à une couverture complémentaire est limité dans son accès aux soins. Certes, il existe une couverture maladie universelle complémentaire, elle demeure insuffisante.

Peu organisé: notre système repose sur l'égal accès de tous à des soins de qualité. C'est notamment pour cette raison et parceque l'assurance maladie permet à chacun d'accéder au progrès médical dans des délais courts que l'OMS a classé le système français "meilleur système de santé au monde". Et pourtant, l'inégalité d'accès aux soins est réelle comme en témoigne la difficulté dans certaines zones de trouver un médecin aux consultations remboursées à 100% (secteur 1).

La proposition AGF est un symbole: celui de la mise en place d'un accès à la santé à plusieurs vitesses. Nous ne pouvons nous résumer à l'essor d'un système de santé à plusieurs vitesses.

Pour garantir l'accès de tous aux soins nous devons repenser en profondeur notre système: les relations avec les professionnels, la répartition de l'offre de soins sur le territoire, les relations entre couvertures de base et complémentaire... tout en ayant consicence que si la santé n'a pas de prix, elle a néanmoins un coût. Chaque citoyen la finance par ses cotisations.

Refuser la proposition AGF, rejeter l'instauration d'une santé à deux vitesses, c'est revenir aux sources de notre système d'assurances sociales, au coeur de notre pacte républicain: l'affirmation d'une solidarité entre les citoyens qui seule peut permmettre de réaliser pleinement l'égalité d'accès à la santé.