Ne pas brûler les étapes
Par Michel Moine, mercredi 19 avril 2006 à 19:51 :: Campagne présidentielle 2007 :: #38 :: rss
La propension des médias à se poser en "faiseurs de roi" est naturelle et bien connue des Français. Personne n'oublie les voies tracées des Rocard, Balladur et autres, à qui la presse (et eux-mêmes) prêtait des destins suprêmes. On sait ce qu'il en advint. C'est pourquoi, à la place de Ségolène et de Nicolas Sarkozy (même si, en l'occurence, je me sens moins concerné par lui que par elle), je me méfierais du buzz qui est en train de se développer dans les médias autour de cette hypothèse de confrontation présidentielle.
Bien sûr je comprends ce désir de devenir, mais je crois qu'il ne faut pas sous-estimer la capacité des Français à rejeter le prêt à penser que lui propose la presse. Chacun a en tête l'expression populaire du référendum, en totale contradiction avec le choix porté par la quasi totalité de la presse française.
Il serait donc imprudent de croire que les jeux sont faits. D'autant plus qu'il y manque l'essentiel, à savoir l'expression des projets politiques. Je fais remarquer, à cet égard, que le Parti Socialiste est au travail, et trace, Etats généraux après Etats généraux ( le prochain rendez-vous est programmé à Lyon le 22 avril, sur le thème de l'environnement et du développement durable), sa vision pour la France de demain.
Le programme du candidat devra être socialiste. Il s'agira de ne pas accommoder à la mode 2007 les errements anciens. Ce programme devra prévoir explicitement le renouveau de nos institutions, indispensable à la réhabilitation du débat politique et citoyen. Il n'est que de constater le délabrement actuel de la Ve république pour se convaincre de la pertinence d'une autre république, d'une autre prise en compte des aspirations des Français à participer de leur destin collectif .
Notre projet ne peut se résumer à notre candidat, quel qu'il soit, homme ou femme, jeune ou moins jeune. Il ne peut se résumer à des formules, qu'elles soient ou pas empruntées à d'autres, dont on connait, si elles ne recouvrent pas un concept, mais juste une logique de communication, l'éphémère trajectoire vers le néant.
Celles et ceux qui aspirent à porter notre espérance et notre ambition doivent accepter cette règle. Le jeu me parait ouvert, sans se résumer fatalement aux noms qui résonnent dans les médias depuis des mois. L'heure n'est pas aux ralliements hâtifs ou de circonstance, mais à l'écoute et au dialogue. Pour proposer, confronter, débattre. Afin de décider, agir, gouverner.

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