Quand le débat sur l'immigration refait surface
Par Béatrice Arruga, dimanche 23 avril 2006 à 23:33 :: Sécurité, Libertés publiques :: #40 :: rss
De Villiers-Sarkozy, même course, même combat sur l'immigration, avec un affrontement en prime pour savoir lequel pourra, au mieux, surfer sur ce thème pour récupérer les voix de l'extrême-droite. Après quelques jours du triste anniversaire du 21 avril 2002, qui a vu la présence au 2nd tour de l'élection présidentielle de la droite et de l'extrême-droite, ces postures et déclarations actuelles de ces 2 dirigeants, chefs de parti, semblent montrer que la frontière au sein de la droite se réduit comme une peau de chagrin.
Posture inquiétante alors que plus que jamais notre République a besoin de se ressouder, de comprendre les différences et les richesses des autres, de recréer du lien, les responsables de l'UMP et du MPF chassent sur les terres lepénistes au risque de réveiller la haine et la méfiance de l'autre. Parce que parler de l'immigration pour plonger dans l'exploitation de l'insécurité, il n'y a qu'un pas qui ne fera qu'empirer au fur et à mesure que les échéances approcheront dans un contexte économique à la dérive, et la peur du lendemain pour bon nombre de nos concitoyens.
Alors que chacun se prépare aux prochaines échéances, nous ne devons pas oublier que ce débat a pesé en 2002, avec les images de ces immigrés clandestins entassés à Sangatte se mêlant au sentiment d'insécurité médiatisé et exploité à outrance. La droite arrivée au pouvoir a fermé Sangatte mais pour mieux cacher et déplacer ce phénomène qui n'a pas faiblit. Pire, les sans-papiers continuent à s'entasser, les demandes de régularisation s'accumulent plongeant certaines personnes dans des situations dramatiques, allant jusqu'à l'exclusion de notre pays de pères de familles, d'étudiants, coupables d'être sur notre sol.
La lutte contre l'insécurité n'est ni de droite ni de gauche: tout responsable politique se doit d'offrir un cadre de vie digne et protégé à ses concitoyens dans l'exercice de son mandat. Mais la sécurité à gauche, c'est celle d'avoir un emploi stable et durable, c'est celle d'accéder aux études quelles que soient ses origines familiales, c'est celle de se loger décemment et donc d'avoir dans notre pays une offre de logements équitable sur l'ensemble de notre pays, que l'on vienne de Neuilly ou de Bondy, c'est pour les familles de pouvoir concilier l'éducation, la garde des enfants avec leur environnement professionnel, c'est accéder au service public de la santé, c'est celle aussi de prévenir la délinquance comme de combattre durement toutes formes de violences...
Une liste longue en forme de réponse aux discours et aux images chocs du tout sécuritaire et du tout répressif qui d'ailleurs sont aussi éloquents que les résultats aussi mauvais de la politique gouvernementale sur fond de préparation d'une nouvelle loi sur l'immigration bientôt en débat à l'Assemblée nationale: c'est une politique inefficace marquée par une augmentation record des violences contre les personnes, + 9% en 1 an, + 18% depuis 2002... Et une inégalité face à l'insécurité : ce sont les habitants des quartiers populaires et les jeunes de moins de 30 ans qui sont en moyenne deux fois plus victimes d'agressions que le reste de la population.
C'est bien cette insécurité qu'il faut combattre comme tous les discours et les actes qui ne font qu'aggraver les problèmes quotidiens dont souffrent nos concitoyens... en cherchant notamment de faux coupables.
Article en ligne également sur http://barruga.blogspot.com

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