Le vote - pourtant d'une poignée, ils étaient 11- de quelques UDF, non pas courageux de mêler leurs voix à la gauche, mais présentés comme quelques irréductibles osant défier la forteresse UMP a réussi à faire couler beaucoup d'encre. L'UDF n'a pourtant pas voté officiellement la censure car 2/3 de ses représentants à l'Assemblée nationale étaient contre, elle continue à avoir un ministre au sein du gouvernement et, dans les collectivités locales, elle mène de front avec l'UMP la bataille contre nos politiques de gauche.

Il ne faut jamais oublier la trajectoire sinueuse... mais toujours à droite d'une UDF créée dans les années 70 par Valéry Giscard d'Estaing dont on connait les choix mêmes les plus récents: rejet des motions de censures précédentes , confiance accordée au premier gouvernement de droite emmené par Raffarin, refus de voter contre celle accordée à De Villepin, et soutien aux lois anti-sociales depuis 2002: réforme des retraites, réforme de la sécurité sociale, démantélement des 35 heures, recul de la protection des salariés dans le cadre des licenciements économiques...

En revanche, il est incontestable que la posture actuelle de l'UDF est plus à comprendre dans le contexte d'une droite scissionnée, broyée par des ambitions de personnes qui cherchent à se nuire dans l'optique des présidentielles. La droite incontestablement vit une crise sans précédent qui s'illustre un peu plus chaque jour et l'UDF cherche à y trouver une voie utilement moralisatrice. A l'extrême, il ne faut pas oublier que le Front National recueille silencieusement les fruits de cette tempête sans précédent.

Dans cette période pleine de confusion, il convient plus que jamais à la gauche d'unir ses forces, de se rassembler sur des objectifs politiques clairs pour préparer une alternative aux choix politiques menés depuis 2002 qui entrainent la France dans une triple crise: sociale, institutionnelle et politique. Le PS y prend toute sa responsabilité, le projet socialiste devra porter cette unique ambition.