Les empereurs romains avaient déjà compris, qu'en période troublée, un spectacle de cirque ou un combat de gladiateurs suffisaient à rétablir la paix sociale. Qui aurait pu croire que deux mille ans plus tard, la mystérieuse mécanique qui régit les courants et méandres de l'opinion publique, obéirait toujours aux mêmes règles ?

Le football, en devenant une religion, serait il devenu tout naturellement l'anxiolytique préféré des masses laborieuses ? Et que se passerait il si "Les Bleus" gagnaient la finale ? Jacques CHIRAC pourrait il être réélu pour un troisième mandat ? Décidément, seules les guerres et les grandes compétitions sportives rassemblent, en un consensus absolu, les peuples derrière leurs dirigeants.

Que serait il advenu du troisième Reich sans les jeux olympiques de Berlin ? Georges BUSH serait il encore président sans l'invasion de l'Irak ? Tout le monde n'a pas les mêmes moyens ni les mêmes ambitions et nous préférons le football. D'ailleurs les tentatives de manipulation de l'actualité n'ont pas toujours très bien réussi à nos dirigeants. La libération providentielle des otages français du Liban, cousue d'un fil trop blanc, avait, en son temps, coûté son élection à Jacques CHIRAC. Quelle est la nature exacte des relations qui existent entre l'idéal sportif et la raison d'état ? Sans doute pas beaucoup plus avouables que les relations entre milieu sportif, milieu de la finance et milieu tout court.

Enfin, je ne vais tout de même pas prétendre, ici, que la débâcle intestinale de Ronaldo pendant la finale de 1998 était un "coup" des services secrets…