Toute la classe politique française est paralysée dans une introspection pré électorale. La presse quotidienne est le reflet de ce nombrilisme dévastateur. La "Une" est faite de l'épopée des bleus et de toute une série d'articles fondamentaux intitulés : "Nicolas m'a fait", "Ségolène m'a dit", etc.

En pages intérieures, le lecteur découvre une actualité internationale, qui pour être loin des frontières de l'hexagone, n'en est pas moins terrifiante… Palestine, Darfour, Irak, Afghanistan, Somalie, … Le canon tonne partout et la loi du plus fort règne sans partage. La peur, la misère et la mort sont le lot quotidien de la plupart des habitants de la planète. La France, "vieux pays d'un vieux continent, etc." se tait.

Voltaire et Beaumarchais ont, désormais, la voix de Douste-Blazy et le parti socialiste est tenté par un atlantisme à la Tony Blair.

Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de dire que le camp de Guantanamo est une injure à l'esprit de justice et au droit international ?

Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de dire que le soldat Shalit est un prisonnier de guerre ?

Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de dire que l'Irak va beaucoup plus mal qu'avant l'invasion américaine ?

Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de dire que "Liberté, Egalité, Fraternité" ne sont plus que des mots qui, peu à peu, se vident de leur sens et de leur exemplarité ?

Et pourquoi n'aurais-je pas le droit de dire qu'il serait normal que les responsables politiques disent cela à ma place, même en période de campagne électorale, avec les moyens et la portée qui sont les leurs ?

Mais de quoi je me mêle ?