Aucune victoire ne pourra se faire en réitérant la multiplication des candidats. Nous ne devons pas laisser le parti apparaître comme déchiré et donc incapable de négocier le soutien de nos partenaires politiques traditionnels.

Pour cela, nous devons trouvons, au sein du PS, celui ou celle qui sera capable d’incarner l’unité et de porter le projet socialiste. Ceci ne justifie aucunement de faire des compromis sur le contenu du projet que nous présenterons devant les électeurs. Bien au contraire, car le vote de 2002 nous a appris autre chose : aucune victoire ne pourra se faire sans un projet socialiste ancré à gauche, capable de proposer une alternative à la mondialisation galopante, à l’ultra-libéralisme ouvertement affichée à droite, à une Europe économique qui se construit loin de ses citoyens, aux institutions agonisantes d’une République à jamais affaiblie.

Souvenons-nous aussi que les électeurs ne regrettèrent pas leurs votes « contestataires » et qu’ils signifiaient ainsi aux « éléphants » du parti que leur programme les laissaient en marge d’une société où seule l’économie à voie au chapitre. Cette position, le peuple de gauche l’a réaffirmée lors du référendum sur le Traité Constitutionnel. Et c’est sur cette position que nous devons proposer un projet socialiste rénové et ambitieux.

La candidature d’Arnaud ne pouvant se faire avec les conditions instaurées par le Bureau National (nécessité de rassembler 35 signatures de ses membres), il devait alors choisir entre trois alternatives :

  • Quitter le parti et présenter une candidature extérieure, tombant ainsi dans les affres de la division et l’éparpillement des votes ;
  • Se mettre en marge du projet et ne plus pouvoir peser sur son contenu ;
  • Trouver au sein du PS, celui ou celle qui entendrait ses idées et apporter ainsi l’exigence d’un programme ancré à gauche.

Sa décision ne fut pas sans débats lors du CA du 11 juillet dernier et chaque représentant régional à fait remonter les voix des militants qui encourageaient sa candidature. Quel est le fondement de sa décision ?

  • Cette alliance en construction pousse à ajouter au projet que portera S. Royal de nombreuses idées avancées par RM : le changement de République, les propositions sur la mondialisation et la rénovation du parti.
  • Conscient de la multiplicité des candidatures, de la nécessité d’exigence du soutien de RM à l’un d’eux, faisant le pari de celle qui pourra incarner la victoire au premier tour des désignations internes, il était important de pouvoir peser, dès à présent, sur le contenu de son projet pour ne pas négocier nos voix au rabais, lors d’un second tour, sur la base d’un projet qui ne nous satisferait pas.
  • C’est aussi dans ces conditions que nous pourrons être exigent dans la mise en œuvre du programme et mettre en application des propositions politiques différentes proposées par Rénover Maintenant.

Il ne s’agit pas uniquement de faire gagner un candidat de gauche mais surtout de peser après sur une politique mise en place. Le peuple de gauche ne nous dit pas autre chose. « Soyez unis, présentez un candidat, nous voterons pour vous et ce, dès le premier tour. Mais ne nous trahissez pas après !»

C’est cet appel que nous devons entendre et c’est cette exigence d’une politique plus à gauche que RM doit incarner. Nous devons être la vigie du peuple de gauche et de ses aspirations, pour cela il faut être dans le jeu. C’est le pari de l’alliance avec S.Royal.

Didier Le Bougeant, RM 35.