Mais ne nous voilons pas la face. Il y a des sujets qui ont enflammé l’été et notre assemblée : t’es plutôt carotte râpée ou serre-tête bleu marine ? Dur, dur pour nous qui défendons une république parlementaire d’être contraints de choisir des présidentiables. Dur, dur de faire des choix dans le contexte d’un régime politico-institutionnel que précisément nous contestons. Et pourtant, Rénover maintenant a donné l’exemple.

Pendant que les candidatures continuaient de se multiplier, nous avons inauguré, à l’initiative d’Arnaud Montebourg, le nécessaire processus de rassemblement des socialistes, condition indispensable de la victoire en 2007. Nous montrons ainsi que pour nous, la rénovation n’est pas un vain mot : elle se traduit en actes. Et nous voulons agir.

En poursuivant la construction de l’alliance avec Ségolène Royal, nous participons activement à la campagne interne du parti. Et nous le faisons, installés à la table de la seule présidentiable socialiste qui intéresse les Français. Quoi qu’en disent les éléphants et quelle que soit la fiabilité des sondages, Ségolène Royal mobilise et ce n’est pas pour rien.

La candidature Royal dérange parce qu’elle bouscule l’ordre établi dans le parti. Femme d’abord – c’est une évidence ! Mais pas seulement. La candidature Royal est celle qui remet en question une méthode, une manière de faire, une pratique de la politique. Ségolène Royal défend une vision pragmatique de l’action publique. Ses discours plaident pour une démocratie participative et promeuvent l’expertise citoyenne. La réconciliation des citoyens avec les urnes, et donc, de l’électorat de gauche avec les socialistes, une révolution démocratique, la régulation de la mondialisation, la construction d’une Europe politique, la primauté donnée aux questions sociales et environnementales… voilà des sujets développés par la candidature Royal qui parlent aux rénovateurs que nous sommes.

D’aucuns disent ses discours « creux », « généralistes ». Forcément ! On ne peut pas répondre à l’attente des Français, dire qu’on les « écoute », selon l’expression consacrée, tout en leur déroulant un programme détaillé de gestion gouvernementale élaboré sans eux.

Pour d’autres, ses propos ne sont pas assez à gauche. A nous d’agir ! C’est bien tout l’enjeu de la construction de cette alliance : forger un terrain d’entente respectueux de nos priorités politiques, bâtir un partenariat solide où nos idées feront leur chemin (au lieu de tourner en rond !). Il faut en relever le défi. La réconciliation des couches populaires avec les socialistes en dépend. La victoire de la gauche en 2007 est entre nos mains.

Patricia de Aquino (Secrétaire générale RM75)