Je me souviens aussi du discours de Nicolas Sarkozy lorsqu’il est devenu ministre de l’Intérieur : soyez impitoyables, disait-il aux policiers, je vous couvrirai en cas de problème ou de bavure. La meute était lâchée. On en connaît le résultat. Le texte que tu fais circuler en est l’illustration.

Tu as entendu parler du pauvre jeune flic (31 ans) qui est mort dans des circonstances pas encore éclaircies, il y a une semaine, à la Foire du Trône (qui se tient sur le territoire de mon Arrondissement). Ce soir-là il y avait environ 30 policiers pour surveiller un événement qui rassemble le week-end des dizaines de milliers de personne). Quelques jours plus tard, pour couvrir le déplacement en banlieue de l’ex-ministre de l’Intérieur (à Meaux je crois), 360 CRS ont été mobilisés, pour un public de quelques centaines de personnes. Le paradoxe de la police, c’est cela. O flic, dis-moi qui te commande et je te dirai si je t’aime…

Dimanche, je voterai pour que Ségolène Royal soit au second tour, et pour qu’ainsi elle soit en position de l’emporter au second tour.

Face au désordre plus qu’injuste que décrit le témoignage que tu nous a envoyé, elle saura rétablir un ordre juste – c'est-à-dire un ordre respectueux des gens, notamment des plus faibles, mais ferme pour ceux qui ne pensent qu’à eux, les éternels bénéficiaires du désordre libéral et du chacun pour soi : détrousseurs de mamies, fouteurs de merdre, cogneurs de nanas, délinquants en col blanc. Un ordre protecteur pour les faibles, pour les éternelles victimes, Noirs, femmes, jeunes…

A propos des délinquants en col blanc et des élus corrompus, clique sur ce lien – je suis très fier de cette réponse de Ségolène Royal à "Désirs d'avenir éthique", auquel j’ai contribué autant que j’ai pu. Cela va faire du bruit… d’autant qu’elle est têtue Ségolène !

La police, nous aurons à réorienter ses axes de travail et à surveiller sa formation autant que son rapport quotidien avec les citoyens. La démocratie participative, c’est aussi cela.

Dans cette perspective mon espoir N°1 c’est que la gauche ne soit pas éliminée dès le premier tour, et qu’ensuite Nicolas Sarkosy ne soit pas élu .Les autres considérations, c’est de la littérature. Si nous avons au 2è tour Sarkosy/Le Pen ou Bayrou/Sarkosy, on aura l’air quoi ? De couillons ! Et qui va trinquer ? Ceux qui connaissent déjà les pires difficultés.

As-tu regardé ce soir le meeting de Ségolène Royal à Toulouse, en présence de Zapatero ? As-tu écouté ce qu’elle propose de faire, Ségolène ? La force de l’espoir était là. Dans ce qui pourra se faire et se fera – et pas seulement dans des incantations « Aré Krihsna ! Aré Krishna ! ».

Si Ségolène Royal n’est pas en tête au 1rer tour, elle aura moins de chances (« psychologiquement » et en terme de dynamique politique) de gagner au second. Et si elle n’est pas élue, Marie-Georges pas plus que José ou Dominique ne pourront se faire entendre : ils seront anéantis.

Le 21 avril 2002 – je n’oublierai JAMAIS, je revois le salon de l’Hôtel de Ville désert, notre amie Patricia à côté de moi, les larmes – il faudrait quand même que l’on se pose des questions ! La menace Bayrou demeure bien réelle – arrêtons de faire confiance à ces sondages qui nous avaient si fermement garanti, en 2002, la présence de Jospin au 2è tour… A l’inverse, si Ségolène Royal est devant Nicolas Sarkosy au 1er tour, elle sera bien placée pour l’emporter au second tour. Tout autre raisonnement serait suicidaire – ce qui n’entre pas dans mon tempérament « génétique ».

Voter aux présidentielles ce n’est pas « se faire plaisir en faisant passer un message partiel » : c’est choisir et dire qui l’on souhaite voir pour de vrai présider notre communauté nationale et son avenir. Le consumérisme politique et les groupes de pression ont fait assez de mal à l’intérêt général. Basta.

Même si Ségolène n’est pas toujours la meilleure des oratrices, même si elle est parfois dure et (trop ?) exigeante, je sais que c’est une femme solide, imaginative, volontaire et de gauche. La première fois que je l’ai rencontrée : je me souviens de la femme modeste et assidue qui prenait des notes au dernier rang du Forum des Autorités Locales à Porto Alegre, en 2002, le thème était « démocratie participative et inclusion sociale ». Regarde ce qu’elle a su faire de ses notes dans la Région qu’elle préside !

L’urgence, jusqu’à dimanche, est de démonter l’escroquerie politique de François Bayrou – et de le distancer. Ensuite, on entamera le combat pour le second tour, on dira alors quelle est la France défigurée dont nous ne voulons pas. Et si François Bayrou veut alors nous rejoindre, je lui dis « bienvenue au Club »…

Et puis : un femme aux plus hautes fonctions du pays, après de Monsieur de Gaulle, Monsieur Pompidou, Monsieur Giscard, Monsieur Mitterrand et Monsieur Chirac, indépendamment de toute autre considération, ça aurait de l’allure, non ? Je pourrais alors envisager de voyager avec fierté, au Brésil ou ailleurs…

Non, l’appel au vote « utile » n’est pas une fantaisie.


Le post ci-dessus est à la fois une réponse et une réaction au message ci-dessous que j'ai reçu, sans doute comme bien d'autres.

>Bonjour à tous,

Ceci n'est pas un mail de propagande mais l'énoncé de faits qui me sont arrivés le mercredi 18 avril à 19h50, je vous demanderai à tous de continuer à diffuser ce mail. Merci. Je m'appelle Gilles j'ai 24 ans, je suis étudiant en licence de Physique-Chimie à Paris 6, je suis aussi vice-président d'un club d'échecs. Le 18/04 alors que j'attendais le bus devant chez moi (avenue Parmentier dans le 11ème arrondissement de Paris) j'étais au téléphone avec mon frère, une personne me demande une cigarette que je lui donne tout en continuant ma discussion avec ce dernier. 2 minutes plus tard une voiture noire banalisée déboule en trombe et s'arrête juste à côté de moi, 2 individus sortent, se mettent à hurler "Il t'a donné quoi? Il t'a filé quoi? Je suis sûr qu'il t'a donné du crack, il est où?". Alors que j'étais toujours au téléphone avec mon frère je bredouille un "quoi?" interloqué et avant que j'ai le temps d'en rajouter plus l'un deux m'attrape le bras droit et essaye de me faire une clé de bras pour m'immobiliser, je résiste de l'autre main qui tenait mon portable je raccroche, range mon téléphone pour pouvoir me défendre de mes deux bras, au moment où je range mon téléphone l'autre individu a eu le temps de passer derrière moi et tous les deux ils me passent les menottes. A ce moment je ne sais toujours pas qui ils ont ni pourquoi ils me passent les menottes, je demande donc à voir les insignes, l'un deux me le montre et l'autre rétorque :"on a des menottes tu crois qu'on est quoi?", je demande instantanément à être conduit au comissariat ils me disent "pas maintenant". Pendant que je suis fouillé en pleine rue, et devant chez moi je le rappelle, le plus violent des deux continue à me demander "tu l'as mis où? je t'ai vu prendre quelquechose on était en face,ça fait un moment qu'on le suit ce mec, tu l'as mis où le crack? dépêche-toi de répondre", je lui dit que j'ai juste donné une cigarette à l'individu qu'ils surveillait et qu'ils pouvaient me fouiller je n'avais rien. Sur ce le plus violent des deux remonte en voiture pour rattraper leur suspect (enfin leur deuxième suspect puisque j'avais pris conscience, assez difficilement je dois dire, qu'à leurs yeux j'en étais un aussi) et je reste seul, en pleine rue, menotté avec l'autre. Là j'ai du mal à m'exprimer je bafouille sous le coup de l'énervement je lui dit que ces méthodes sont lamentables, que je n'arrive pas à croire que je me retrouve menotté, que je n'ai jamais été arrêté, je lui demande s'il se rend compte à quel point c'est traumatisant et lui demande combien de temps je vais rester comme ca. Il me dit "jusqu'à ce que mon collègue revienne", que de toute façon si je n'ai rien à cacher je n'ai pas à avoir peur, et que je devrais m'adosser à l'abri de bus pour éviter que les gens ne voient les menottes. Je lui demande exactement ce qui les a poussé à m'arrêter et il me dit que c'est un individu qu'ils suivent depuis un bon moment et que de toutes façon "il se passe trop de trucs sur cette avenue" Au bout d'environ 3 minutes il décide de m'emmener dans le hall de l'hôtel juste à côté pour éviter que je reste dans la rue je m'éxecute et doit une nouvelle fois ravaler ma honte quand la réceptionniste vient demander ce qui se passe et que le policier lui repond que c'est une enquête de police. Je lui demande si j'ai le droit de passer un coup de fil il me répond non. Je vois mon père passer sur le trottoir d'en face je lui dit que je veux le prévenir il me dit non. Je lui demande combien de temps je vais rester ainsi sans avoir aucun droit, il me dit "jusqu'à ce que mon collègue revienne". Pendant cet échange il recommence sa fouille ce que j'apprendrai plus tard s'appelle une palpation, et bien évidemment ne trouve rien. Je lui redit que ces méthodes sont lamentables et que je n'en reviens toujours pas d'avoir été interpellé sans raison, il me répond "ça va on vous a pas brutaliser quand même", là je m'énerve et lui dit "vous vous foutez de moi? Votre collègue a failli me casser le bras" il me dit "c'est quelqu'un de sec il dit les choses un peu durement mais il est comme ça et puis de toute façon si on s'est trompés, ce qui est laissé à notre appréciation, on s'excusera". Puis il me demande ce que je fais dans la vie, ce que j'étudie, si j'ai toujours habité là. Je lui répond. Je commence sérieusement à perdre patience, continue à m'énerver lui dit que ça m'étonnerait qu'il soit normal que je n'ai aucun droit et qu'il faudra qu'ils me donnent leurs noms à tous les deux. Il me répond "on vous les donnera nos noms, pourquoi? Vous voulez voir l'IGS?", je lui dit qu'en tout cas j'en parlerait à ma meilleure amie avocate et il me répond :"vous pourrez lui dire qu'on a le droit de faire ça, c'est l'article 78.2, ça y est je l'ai trouvé la réponse", je lui dit qu'on verra mais que je voudrais quand même leurs noms. Il me demande ensuite ce que je faisais là, je lui dit que j'attendais le bus que d'ailleurs il m'avait fait rater, il me demande où j'allais je lui dit que j'allais chez un ami avant de me reprendre et de lui dire que j'allais manger avec un ami, il me demande où, je lui répond et son collègue revient. Alors que je m'attendais aux excuses promises il me dit toujours aussi agressivement "t'as de la chance, on a rien trouvé, t'as de la chance cette fois on s'est faits bananés tant pis pour nous mais la prochaine fois on t'aura" je lui dit que c'est ridicule que s'ils n'avaient rien trouvé c'est parceque je n'avait rien fait il me dit "je sais très bien ce que j'ai vu il t'a donné quelquechose mais ça va cette fois tu t'en sors bien" il prend mon nom, demande à son collègue s'il m'a bien refouillé et me libère enfin des menottes. Je lui demande son nom ainsi que celui de son collègue il me dit que je n'ai pas à les avoir, je lui demande où ils travaillent et me répond au comissariat du 11ème je les suit jusqu'à leur voiture et ai juste le temps d'appeler mon amie avocate pour qu'elle note la plaque d'immatriculation avant qu'ils ne partent. Conclusion: l'interpellation a commencé à 19h50 et a duré juqu'à 20h07. J'ai des marques aux deux poignets dues aux menottes et de la brutalité avec laquelle elles ont été mises, et des douleurs dans le bras dues au policier violent qui me l'a agrippé au tout début. Une problématique simple peut être tirée de cet événement, la police a-t-elle trop de pouvoirs (et choisit-elle bien les personnes à qui elle les donnent?) et nous dirigeons-nous vers une vraie dérive policière? Gilles , Le 19/04/2007.

(le prénom a été changé)