Pour le reste, les 2 grands principes politiques de la gouvernance Hollande du PS, emprunté au Président du conseil Henri Queuille, corrézien lui aussi, sont mis en œuvre scrupuleusement depuis 2002 :

Primo : "Je ne connais aucun problème qui résiste longtemps à l'absence d'une solution" Deuxio : "L'essentiel pour un politique n'est pas de régler les problèmes mais de faire taire ceux qui les posent".

Exemple ? En 2002, après l’échec du 21 avril, François Hollande lançait un processus de débat militant d’un an, pour patienter en attendant le congrès de Dijon en juin 2003.

En 2007, après l’échec du 6 mai, le premier secrétaire propose un calendrier de débat, jusqu’au prochain congrès en juin 2008. Retour vers le futur. La même méthode conduira-elle aux mêmes résultats ? « Il faut bien que tout change si nous voulons que rien ne change », dit le prince Salina alias Burt Lancaster dans « le Guépard » de Luchino Visconti. Nous y sommes camarades !

Un mot sur le climat de ce Conseil national : détestable. Plusieurs orateurs s’en prenaient vivement à l’ex candidate. La salle applaudissait et quand je faisais remarquer à un voisin fabusien que certains arguments étaient des caricatures grossières ou des raccourcis simplistes, je m’entendais répondre « du moment que c’est contre Ségolène, on s’en fout !».

Un court trait de lumière dans ce marasme : l’intervention brillante de Bertrand Delanoë, d’une grande qualité sur la forme et sur le fond. Mention spéciale à Gaëtan Gorce et Manuel Valls, venus dire que la direction sortante devait passer la main. Courageux.

Ce calendrier a un seul objectif : marginaliser Ségolène Royal et ses soutiens. Pendant un an, la parole officielle du PS va être monopolisée par celles et ceux qui n’ont jamais accepté le résultat de l’investiture du 16 novembre 2006. Bref, défaire les acquis de la campagne présidentielle et renvoyer la rénovation aux oubliettes, ainsi va la vie du Parti socialiste. La rénovation, tel le monstre du Loch Ness, apparaît furtivement après chaque nouvelle défaite, pour être aussitôt enfouie au fond du lac.

Oui, nous avons besoin de discuter et de réfléchir aux causes de la défaite. Oui, la candidate porte une part de responsabilité dans cet échec. Mais au lieu de faire l’analyse avec elle, la direction du PS essaye de lui faire porter le chapeau de la défaite, à elle seule. La direction du PS se trompe à nouveau. Comme en 2002. L’alliance improbable des éléphants s’est reconstituée spontanément. Retour vers le futur 2.

Gageons que cette « cette unité et ce rassemblement retrouvé» selon la prose solférinesque en vigueur, ne durera qu’un temps. Les éléphants se disputeront bientôt les dépouilles de notre malheureux parti.

Espérons que nos électeurs auront la patience d’attendre 2008 pour qu’il se passe enfin quelque chose de neuf au PS !