Pour ses partisans, le premier secrétaire est légitime, et ce n'est pas une question de personne. Las, laissons-nous encore bercer de cette belle illusion que celui qui porte les idées n'est rien face à ces idées. Et profitons-en pour nous préparer à une longue traversée du désert national.

Nous avons adhéré à des idées, mais c'est à des hommes que nous sommes confrontés. C'est parce que notre beau parti est humaniste qu'il répugne à abréger le mandat du premier secrétaire, mais c'est parce que celui-ci refuse d'assumer ses responsabilités qu'il ne démissionne pas, tirant son inamovibilité d'un vote militant dont on sait comment il se déroule.

Nous aurions eu besoin de ce signe fort envers la population. Nous critiquons avec raison les parachutes dorés en particulier pour les dirigeants qui ont échoué, et que faisons-nous d'autre? Pour un dirigeant, ce n'est pas non plus une question de personnes. C'est savoir tirer les conséquences d'un échec. A fortiori de plusieurs échecs.

Pour les opposants de la première heure à Ségolène Royal, c'est très facile : tout est de sa faute. Un moment de flottement général quand Henri Weber (fabiusien) nous a dit sans se démonter que ce qui est important, c'est d'avoir de la persévérance dans les idées et de ne pas changer d'avis selon les circonstances. On peut donc dire n'importe quoi en politique dès lors qu'on a un micro, il fallait le dire tout de suite!

Des soutiens, et pas des moindres, à la candidature Royal en interne, se sont désolidarisés d'elles. C'était la bonne personne au bon moment et au bon endroit, mais son rôle pourrait bien s'arrêter là car elle accumule maladresse sur maladresse. La première étant de ne pas avoir été là.

Comme à son habitude, notre premier secrétaire a proposé au vote un texte, où en substance, la question était « êtes-vous contre la faim dans le monde? » et où la réponse était « nous voulons que François Hollande reste premier secrétaire ». Mais c'était l'heure du café et des caméras pour tous ceux qui auraient bien eu envie de voter contre ... mais vote t-on contre la faim dans le monde?

Quand même un mouvement de foule lorsque F. Hollande a présenté comme une avancée et une proposition forte, la création d'une commission à la rénovation, alors qu'existe déjà depuis le congrès du Mans, un secrétariat à la rénovation, avec le bilan brillantissime que l'on sait. Peut être peut-on nous épargner de nous prendre pour des imbéciles aussi ouvertement.

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