Et si Nicolas Sarkozy provoquait la rénovation à gauche ?
Par Michel Moine, mardi 10 juillet 2007 à 16:00 :: Après la présidentielle : le débat :: #124 :: rss
L'exfiltration supplante l'infiltration.
C'est le paradoxe de l'été: alors que les dirigeants socialistes semblent dans l'incapacité à initier le chantier de la rénovation, Nicolas Sarkozy est en train de bousculer les lignes avec la dextérité d'un véritable premier secrétaire.
Sa politique "d'ouverture", qui vise principalement à semer la zizanie au PS, et qui est en train de causer des dommages colatéraux notoires à l'intérieur même de l'UMP , lui fait courir le risque d'aller trop loin. Les résultats risquent donc, pour lui, d'être inverses à l'objectif recherché. Pour l'instant, on ne peut que conseiller à Ségolène Royal de rester spectatrice de cette opération "d'extirpement" des éléphants de leur propre parti.
Le PS a longtemps été un objectif "d'infiltration", pour l'extrême gauche; il fait désormais l'objet de manoeuvres "d'exfiltration".
"Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés".
Après quelques pachydermes solitaires rattrapés sur le chemin du cimetière, Sarkozy essaie maintenant de cornaquer des mâles dominants. Il réalise le tour de force d'en capter deux d'un seul coup, l'un décrochant peut-être le pompon, l'autre se retrouvant alors automatiquement bredouille mais surtout déconsidéré, le troisième se mettant de lui-même à l'écart du troupeau. C'est malgré tout faire un pari risqué, celui de considérer qu'il n'y a pas d'autres responsables d'envergure au PS que ceux qui sont visés. Il est impressionnant de constater combien certains qui ont pratiqué les ors de la République semblent en avoir contracté une addiction qui ne résiste pas aux convictions. J'y vois la manifestation d'un changement de génération, qui explique les ralliements de ceux auxquels la marche du temps interdisait d'espérer la prochaine alternance politique pour jouer un rôle.
Le chant des sirènes
Belle manière donc de faire le ménage et de dégager le terrain pour permettre l'émergence d'une nouvelle génération de socialistes aux responsabilités. Car il est à noter qu'aucune jeune pousse, telle Ulysse attaché au mat de son navire, n'a cédé aux sirènes sarkozystes, laissant cette faiblesse aux seules vieilles gloires, issues du mitterrandisme des années 80. Les sirènes antiques charmaient les marins pour mieux les dévorer. Il n'y a pas de raison que ceux qui ont déserté le navire de la rue de Solférino connaissent un sort différent.
La séquence "d'ouverture" va bientôt arriver à son terme. On fera alors le bilan de la nouvelle situation ainsi créée. On verra qui aura survécu. Passé le moment de trouble chez ceux que leurs chefs de file auront déroutés, viendra celui de l'ouverture d'une nouvelle séquence historique, la rénovation, exempte de tentation centripète, d'une gauche décomplexée, renouvelée et créative.

Accueil du blog

Commentaires
1. Le mardi 10 juillet 2007 à 16:23, par Jean Pierre Repiquet
2. Le mercredi 11 juillet 2007 à 14:44, par Christophe
3. Le mercredi 11 juillet 2007 à 23:53, par Arnaud
4. Le jeudi 12 juillet 2007 à 10:55, par flo de chambé
5. Le jeudi 12 juillet 2007 à 19:27, par Dominique Babouot
6. Le jeudi 12 juillet 2007 à 23:13, par asse42
7. Le vendredi 13 juillet 2007 à 00:23, par ML Davoine
8. Le lundi 16 juillet 2007 à 02:06, par oops66
9. Le vendredi 20 juillet 2007 à 09:53, par Gérard 34
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.