Chacun a des ambitions légitimes, le challenger voulant prendre la place du leader, le leader voulant conserver la sienne. C'est dans ce contexte que s'ouvre pour notre parti une nouvelle phase électorale avec la désignation des têtes de listes pour les élections municipales de l'année prochaine. Cette phase se terminera par un conseil national de ratification des tête de liste le 15 décembre. Cette date marquera le début de la constitution des listes, des discussions sur les accords de programmes avec nos partenaires de la gauche et des alliances à nouer.

Le candidat, homme ou femme, idéal devra à la fois réunir son propre camp, savoir intégrer des personnalités issus de « la société civile », présenter une liste représentative de la diversité de sa ville autour d'une vision d'avenir partagée pour pouvoir prétendre à la magistrature de la cité. L'exercice est délicat, c'est un long travail de terrain, de connaissance des quartiers, d'analyse des attentes et de prise en compte des contraintes. Il faudra savoir construire des équipes représentatives de la diversité de la société française, par exemple en ouvrant vraiment nos listes, de manière déterminée, à nos camarades, à nos concitoyen(ne)s des "minorités visibles".



Pour mieux prendre en compte les candidat(e)s issu(e)s des minorités dans ces municipales, il y a deux méthodes : une perdante et une gagnante.

La perdante consiste à privilégier une approche d'appareil, consistant à laisser un petit groupe, aussi talentueux soit-il, s'arroger l'exclusivité de décider qui peut être un bon ou une bonne candidate issue de la diversité, au mépris des logiques de terrain. Comment imaginer, dans la République, qu'il puisse y avoir des candidats de premier et de second rang, des candidats légitimes, d'autres pas. Qui pourra faire le classement entre les méritants et les autres ? Qui définira la bonne origine pour pouvoir postuler ? Si nous nous laissions aller à la tentation de déléguer à d'autres le soin de promouvoir la diversité dans nos rangs et dans nos listes, je crains que l'échec ne soit au rendez-vous.

La méthode gagnante consiste à privilégier la légitimité, que nous tenons du terrain, du travail accompli jour après jour, de la présence dans sa ville au quotidien, des heures passées à écouter les autres. Je ne connais pas un chef de file de l'opposition ou de la majorité qui se priverait d'une compétence qui lui permettrait de gagner les élections à venir. Cette élection verra la victoire de ceux qui auront réussi à reproduire une liste avec des candidats qui ressemble à leur ville, connus et reconnus autour d'un projet d'avenir. La République s'y retrouvera. Le vote militant qui interviendra en section dans le courant du mois d'octobre devra confirmer cette orientation, toute autre démarche serait suicidaire pour les socialistes. La route sera peut être moins spectaculaire pour les médias parisiens mais la démarche sera plus durable dans la société française. Faisons confiance aux collectifs citoyens et militants, ils sont déjà diversifiés. Le rôle du PS c'est de les valoriser, les soutenir. Au lieu de "faire des coups", il s'agit de poursuivre le long (parfois trop) travail d'adaptation du PS à la société telle qu'elle est. Et le succès sera au rendez-vous.