Pour nous, rénovateurs, qui avions dès 2002 pointé les raisons de l’échec de Lionel Jospin et du PS, il n’y a finalement aucune surprise à nous retrouver une fois de plus battus par la droite mais il n’y a, à fortiori, hélas aucune surprise non plus à voir s’égrener la litanie des nouveaux zélotes du sarkozysme triomphant. Dans la défaite et dans les ralliements qui s’ensuivirent, pas de hasard, pas d’énigme. Dans ce contexte, il nous faut jeter les bases du socialisme de demain. C’est la démarche engagée depuis longtemps par les rénovateurs. L’urgence, chacun le sait, c’est de changer notre parti, d’en modifier les pratiques et d’en éclaircir les fins. Dans cette bataille, il est important d’engager un dialogue « tous azimuts » et de déterminer ensemble ce que peut signifier être socialiste aujourd’hui.

Evidemment, nous servirons d’autant mieux notre parti que nous serons nous-mêmes. La force de notre analyse est qu’elle part des réalités de la mondialisation et qu’elle corrèle l’exigence socialiste dans la société française à de puissantes réformes démocratiques sur le plan institutionnel. De la 6ème République à la République européenne en passant par la régulation des flux financiers ou manufacturiers sur le plan international ou à une ambitieuse politique environnementale, nous avons, du Congrès de Dijon à celui du Mans, travaillé à corriger les impasses idéologiques et programmatiques hérités d’une incapacité du Parti Socialiste à se définir par rapport aux enjeux de notre temps.

Au sein du Parti Socialiste, il y a, nous le savons, des visions différentes : Pour certains, la « Constitution européenne » était un bon texte, l’intervention en Irak n’était pas condamnable en soi, la militarisation des Etats-Unis est une nécessité et le choc des civilisations est quasi inéluctable. Il arrive souvent à Michel Rocard, Pierre Moscovici et quelques autres de poser les bonnes questions. Ce n’est cependant pas une raison pour y apporter, avec eux, de mauvaises réponses. Nous avons nos propres réponses qui ne sauraient succomber sous le poids des idées reçues ou des prescriptions médiatiques… Il est ainsi cocasse de voir le Président de la République, son collaborateur François Fillon, les renégats Kouchner ou Allègre, se faire les directeurs de conscience du Parti Socialiste…

Il serait beaucoup moins souriant de voir l’ensemble de notre parti glisser vers une forme « moderne » de social-libéralisme renonçant en un même élan à ses racines, à ses luttes et à ses fondamentaux. Entre cette « modernité » fausse et une vision positive de la Gauche, il y a un espace de travail que les rénovateurs se doivent de délimiter pour mieux rassembler tous ceux qui adhèrent avec sincérité et détermination à une refondation de la Gauche. Sur la mondialisation, sur la République, sur la redistribution, sur l’Ecole, l’alternative doit se bâtir.

Le sens du dialogue que les Rénovateurs ont décidé de mener de concert avec les autres courants du Parti Socialiste est bien là : C’est en étant pleinement soi même et non étant simplement la fraction d’un tout que l’on peut servir le mieux l’idée que l’on porte. Rénovateurs, en avant !