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dimanche 18 mai 2008

Vers le nouveau Parti de toute la Gauche

Depuis 1962, chaque élection présidentielle est un échec pour le Parti socialiste. Battu sept fois sur neuf, il ne doit qu'à François Mitterrand d'avoir emporté une élection qui semble avoir été conçue pour lui échapper. Il n'y a là aucun hasard, bien au contraire. Tel qu'il est organisé, notre parti est incompatible avec la logique de l'élection présidentielle. La personnalisation de l'enjeu et la pipolisation envahissante du débat sont d'autant plus éloignées des traditions de notre parti que celui-ci, parlementaire de culture, s'est construit contre la logique présidentielle de la Ve République.

Dans son organisation, il a essayé, tant bien que mal, d'en refuser les contraintes. Il prétend choisir son candidat à l'élection présidentielle librement et sans pression de l'opinion, élaborer en lui-même un projet et négocier des alliances avec les partis alliés du moment, transposant dans la République d'aujourd'hui la culture des partis politiques souverains issue de la IIIème République parlementaire. Son code génétique en découle : représentation proportionnelle en interne de courants plus soucieux de se disputer des parts de marché idéologiques que de fédérer autour d'un projet commun, ce qui rappelle les modes de cohabitation des sept sensibilités socialistes qui, en 1905, constituèrent la Ire SFIO ; unité qui ne s'exprime que dans l'opposition au pouvoir (et encore !), défiance à l'égard du candidat investi, tenu à l'observation stricte de la ligne du parti. Avec de tels fers aux pieds, le plus agile des candidats présidentiels est condamné d'avance : impossible unité, conflits programmatiques et organisationnels récurrents entre le candidat et le parti, difficulté à assumer collectivement un projet décomplexé de gouvernement.

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Rebâtir un socle idéologique

La dernière élection présidentielle fut, pour le Parti Socialiste, beaucoup plus qu'une défaite électorale. Elle fut, d'abord et avant tout, une défaite idéologique : Tout au long de la campagne, le candidat de droite multiplia les emprunts au socle idéologique traditionnel de la gauche et prétendit incarner la réforme quand nous en garantirions au mieux la conservation (valeur du travail, pouvoir d'achat, recherche et universités, réforme de l'Etat, Europe). A cette première déstabilisation s'ajouta nos propres incertitudes, sous l'effet conjoint d'un projet qui n'était qu'additions peu crédibles de promesses sans choix et des coups de butoirs donnés par notre candidate à un rafistolage idéologique effectué trop vite et trop superficiellement après 2002 (la carte scolaire, les 35 heures...). Comme si cela ne suffisait pas, il y eu deux pertes de crédibilité supplémentaires après l'élection : Quand notre candidate déclara qu'elle ne croyait pas elle-même au projet qu'elle défendait dans la campagne. Puis, la mode récente, qui vise à démolir tel ou tel part de notre identité quand on veut se faire un nom. Inutile donc d'insister sur notre actuel désarroi idéologique.

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Appel pour que le PS se mette au travail

"Le PS est-il mort ? " Le Parisien "Le PS est inaudible." Le Monde "Le PS est en état de mort cérébrale." Marianne "Solférino, morne plaine" Libération "Jamais le PS n’a été aussi mou et fragile." Le Nouvel Observateur

Bien sûr, parfois, "les médias exagèrent". Bien sûr, "certains roulent pour Sarkozy ou pour Bayrou"... Mais, qui d’entre nous, en campagne pour les municipales ou les cantonales, ne ressent pas le malaise ? Qui peut sérieusement contester qu’il y a un problème de fond ?

Le PS est-il mort ? La gauche est-elle définitivement hors du coup ? NON ! Evidemment NON ! Jamais les parlementaires, les élus locaux, les militants, les universitaires ou les associations n’ont fourni autant d’analyses et de propositions. Si nous nous mettions au travail, en quelques mois, nous pourrions construire une vraie alternative à la politique de Nicolas Sarkozy. Alors, qu’attendons-nous ?

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Rénovation ou social-libéralisme …

Le 6 mai 2007, pas plus que le 21 avril 2002, n’est le fruit du hasard. Des acquis de notre campagne présidentielle, nous pourrons retenir le formidable élan civique et une ébauche de réconciliation avec les ouvriers et les employés qu’a opérée Ségolène Royal. Nous pouvons aussi analyser les faiblesses de notre campagne. Le contraste entre le volontarisme de notre candidate et l’incapacité du PS à se remettre en question a été flagrant.

Au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy un certain nombre d’oracles de la droitisation du PS – Eric Besson, Bernard Kouchner, Claude Allègre, Jean-Marie Bockel entre autres – ont fait le choix de rallier la droite et de faire la jonction entre le sarkozysme et le social-libéralisme.

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Socialistes, diversité et municipales : pour une méthode républicaine

Le mandat d'élu local est sans conteste le plus visible pour la population, il arrive bien souvent que le Conseiller Général ou le Député ne soient pas connu, très rarement le Maire. Il agit au quotidien sur des domaines de compétences visibles pour le citoyen, l'école, l'urbanisme, le logement, le commerce, la santé... il appréhende avec ses colistiers l'ensemble des problématiques de la ville locale et il a une réelle influence sur les grandes ou petites orientations de la vie de sa cité.

Le chef de l'opposition est souvent tout aussi connu ou reconnu, c'est une des spécificités du mandat local, l'investissement et le dévouement au profit de l'intérêt général est souvent remarqué et apprécié.

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